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mardi 18 août 2009

Aucun doute possible


Le livre « The Forever War » du reporter américain Dexter Filkins s’ouvre sur une scène effroyable. Convié par ses hôtes à un événement qui se déroule dans le stade municipal de Kaboul, le journaliste assiste à la mutilation d’un pickpocket suivie par l’exécution publique d’un criminel.
Nous sommes en 1998 sous le règne des talibans.
Quand il retourne en Afghanistan quelques années plus tard, les forces internationales sont sur place, Kaboul ne semble pas être totalement apaisé mais quand il se rend au stade municipal, les bourreaux ont laissé la place à des jeunes en pleine partie de football.
Ces deux scènes nous rappellent que, même si la situation afghane est loin d’être idyllique, nous revenons de très loin.
Confrontés à une instabilité chronique depuis des années les Afghans ont appris – par instinct de survie - à faire le dos rond et à suivre le pouvoir en place. La résistance des talibans ne leur permets pas, aujourd’hui, d’adhérer au projet de la coalition car ils ne se font guère d’illusion sur le sort réservé aux « collaborateurs » en cas de retour des extrémistes au pouvoir.
Dans ce contexte les forces internationales doivent plus que jamais être présentes, et ce, jusqu’à l’avènement d’une conscience autonome en Afghanistan.
La tâche sera très longue et il ne faut surtout pas laisser le taux de participation aux prochaines élections présidentielles déstabiliser une coalition déjà fragilisée par les tergiversations allemandes et britanniques. Pour les Afghans qui braveront les menaces pour aller voter et plus généralement pour sortir ce pays de l’abîme, nous devons réaffirmer notre engagement et mettre en place une feuille de route ambitieuse pour permettre à l’Afghanistan de se construire.

lundi 10 août 2009

Illisible


La Realpolitik est-elle un investissement sur le long terme ?
Au cœur de ce mois d’août, deux évènements nous obligent à nous poser cette question.
En premier lieu l’Iran, mis au banc des accusés suite à la répression qui a frappé les opposants au président Ahmadinejad. Si la violence manifestée lors de ces affrontements doit être condamnée, l’occident - pour avoir omis pendant des années de souligner que l’Iran bénéficiait de l’un des systèmes électoraux les plus ambitieux de la région – était-il à même de prendre position sur le sujet ? Le fantasme d’un rejet massif du président sortant à l’image de celui qui a emporté le parti républicain aux Etats-Unis a fait oublier l’essentiel : Ahmadinejad a sans doute les faveurs de la majorité des Iraniens. En galvanisant une opposition embryonnaire, l’occident l’a sans doute tuée dans l’œuf. Cet incident est comparable à l’absence de soutient américains aux populations rebelles chiites qui avaient pris les armes lors de la première guerre du Golf : c'est un espoir anéanti !
Ensuite, la Mauritanie. Ici, les putschistes ont été acceptés. Les contestations de l’opposition qui évoque des fraudes massives ne parviennent pas aux oreilles de nos dirigeants. On promet même au général Oudl Abdel Aziz armes et coopération.
La diplomatie reste marquée par la ligne Bush, le Bien (celui qui condamne la terreur) et le Mal (celui qui ne le condamne pas). Il suffit donc de parler de lutte contre le terrorisme pour recevoir les faveurs occidentales, le silence ou une posture de provocation vous place, en revanche, hors du cercle des nations civilisées.
L’événement au cours duquel cette Realpolitik a eu les effets les plus dévastateurs reste l’élection palestinienne de 2006 où le Hamas - élu bien plus pour envoyer à la rue un Fatah corrompu que pour mettre au pouvoir un parti belliqueux - a mené à une scission dont la conséquence est la remise à zero de toute solution pour ce territoire.
Nous devons être homogène dans nos traitements des problématiques internationales pour que notre message ne devienne pas illisible.

mardi 4 août 2009

Israël otage de ses politiques


Avigor Lieberman, le ministre des affaires étrangères israélien est une nouvelle fois dans la ligne de mire de la justice. Cette nouvelle « affaires » au plus haut niveau de l’Etat d’Israël illustre à quel point ce pays est otage de ses dirigeants politiques et militaires.
Tout d’abord, le bricolage actuellement à la tête du pays ne résistera sans doute pas au départ de M. Lieberman. Cela souligne la fragilité des gouvernements et l’absence de ligne directrice dans ce pays qui a tant besoin d’une politique claire et lisible.
Il est ensuite poignant de voir que les personnalités publiques mises en causes pour prises d'intérêt personnel ont la plupart du temps atteint ces fonctions en promettant l'impossible au peuple d'Israël.
On ne peut laisser ces dirigeants se racheter une virginité à coup d’intransigeance envers le peuple palestinien.
Israël a besoin d’hommes courageux, indépendants et désintéressés pour envisager son développement sur le long terme, les politiques actuelles sont menées par des intérêts particuliers qu’on ne doit plus tolérer.